Biographie de Si Mohand

Posté par Aliman le 12 juin 2007

Biographie de Si Mohand 

D’après Mouloud Feraoun 

 

Il est  en  Kabylie un nom que tout le monde connaît, un poète dont tout le monde vénère la légende : Si Mohand ou Mehand des  Ath-Irathen : Cette popularité est d’autant plus remarquable que l’œuvre de Si Mohand n’a été véhiculée, chez un peuple alors illettré et dans la langue ne s’écrit pas, que par la parole ou le chant. 

On peut aussi se demander comment un poète profane a pu devenir l’incarnation d’un peuple dont la réserve n’est pas la moindre vertu et qui considère comme immorale la musique chantant l’amour. Lorsque l’on appelle le musicien afin d’animer une fête,c’est pour qu’il crée cette atmosphère facile des jours de liesses,un moment de détente ou il est permis de lâcher bride ; la fête terminée,on lui paie le prix convenu et on se hâte de l’oublier. 

Si Mohand n’a pas souffert de cette réprobation. C’est qu’il ne cherche à intéresser personne, n’attend rien de personne : ce qu’il dit de lui, il le dit à lui-même. 

Un jour, raconte-t-on, un ange se présenta à lui et lui fit cette proposition : «  rime et je parlerai, ou bien alors parle et je rimerai. » Si Mohand choisit de parler. voila pourquoi des rimes divines ont pu servir à des paroles profanes,car le fantasque poète,nanti du précieux cadeau,se soucia moins de glorifier les anges que de traduire ses propres tourments. 

Le nombre de vers que Si Mohand jeta, en tout lieu, en toute circonstance, au cours de sa vie vagabonde, serait, dit-on, incalculable. Mais il a éparpillé ses isfra, ses poèmes, comme fait le semeur dans son champ, et la graine a poussé pour donner naissance à d’autre graines : une foison d’épi, pleins ou vides, ou nous moissonnons un peu au hasard, sans trop savoir bien souvent déceler le grain de l’ivraie. Tels poèmes qu’on donne pour authentiques  ne sont peut être pas de lui ; combien d’autres véritables, par contre, sont oubliés ! 

Que, dès le début, des admirateurs de Si Mohand, et sans doute lui-même, aient songé à en fixer certain, cela est probable : 

Ceci est mon poème 

Plaise à dieu qu’il soit beau 

Et se réponde partout 

Qui l’entendra l’écrira 

Ne le lâchera plus 

Et le sage m’approuvera 

L’entreprise était d’ailleurs facile pour les lettrés, car tous les son Kabyle figure dans l’alphabet Arabe. Mais li ne semble pas que le poètes  ou d’autres se fussent assignés une telle tache d’une façon méthodique : en fait, il n’existe aucun écrit, aucune note laissé par Si Mohand ou par l’un de ses fidèles. 

Le poète parlais, autant en emporter le vent, ou presque. Ses contemporains ne mirent aucun empressement à fixer sa capricieuse inspiration au passage, comme si leur âme d’hommes simples était pénétrée de cette vérité infuse que toute tentative humaine pour s’approprier ce qui est beau demeure vaine ! 

 Simplement il a pu susciter des imitateurs, remettre à la mode  la déclamation poétique et redonner le goût de versifier à un peuple habitué à chanter ses joies et ses peines, ses exploits et sa ferveur. Et les sonnets calqués sur ceux de Si Mohand durent se multiplier à l’infini. 

Lorsque, au début du siècle, Boulifa entreprit d’en recueillir un choix, il ne s’attacha pas seulement aux isfra de Si Mohand, mais il glana un peu partout. Son recueil est précédé d’une importante étude qui traite rapidement de la littérature orale Kabyle et plus

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